Qualiopi obligatoire : qui doit se certifier et qui est dispensé en 2026, bannière K-li-T

Qualiopi est-il obligatoire ? Qui est concerné, qui est dispensé

Mis à jour le 29 octobre 2026 · Par Cédric Lelong, consultant qualité K-li-T · Lecture : 10 minutes

En bref

  • La loi impose la certification aux prestataires de formation, de bilan de compétences, de VAE et d’apprentissage qui veulent être financés par un opérateur de compétences, Transitions Pro, l’État, une région, la Caisse des dépôts (CPF), France Travail ou l’Agefiph.
  • L’obligation s’applique depuis le 1er janvier 2022 ; elle ne conditionne pas le droit d’exercer, ni l’obtention d’un numéro de déclaration d’activité.
  • Un financement direct par une entreprise ou un particulier n’est pas visé par la loi, de même qu’un sous-traitant hors cas prévus par les textes ; mais le donneur d’ordres reste responsable de la qualité.
  • La V10 modifie les indicateurs, pas le socle légal : la décision de se certifier reste commerciale autant que légale.

Qualiopi obligatoire ? Oui, mais sous condition. Depuis le 1er janvier 2022, tout prestataire de formation, de bilan de compétences, de VAE ou d’apprentissage doit être certifié pour être financé par un opérateur de compétences, Transitions Pro, l’État, une région, la Caisse des dépôts (CPF), France Travail ou l’Agefiph, en application de l’article L. 6316-1 du code du travail. En dehors de ces financeurs, l’article L. 6316-1 n’impose pas la certification : une entreprise ou un particulier qui paie directement n’est pas couvert par cette obligation, même si certains acheteurs la demandent. Voici qui est concerné, qui est dispensé, ce que les textes ne disent pas, et comment arbitrer entre obligation légale et intérêt commercial.

Note de méthode : cet article s’appuie sur l’article L. 6316-1 du code du travail et ses textes d’application, les questions-réponses du ministère du Travail, des données de la Dares et, pour la V10, sur le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, qui modifie les indicateurs sans changer le socle légal de l’obligation. Ce que les textes consultés ne confirment pas est signalé. Les exemples sont fictifs.

Que dit la loi sur l’obligation de certification ?

Pour la définition de la marque, voyez Qualiopi, c’est quoi ?. Le principe de l’obligation vient de la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 et figure à l’article L. 6316-1 du code du travail : les prestataires d’actions concourant au développement des compétences sont certifiés sur la base de critères fixés par décret lorsqu’ils sont financés par l’un des acteurs suivants.

  • un opérateur de compétences (OPCO) ;
  • Transitions Pro (la commission mentionnée à l’article L. 6323-17-6) ;
  • l’État ;
  • les régions ;
  • la Caisse des dépôts et consignations, pour le compte personnel de formation ;
  • France Travail ;
  • l’Agefiph.

Quatre catégories d’actions sont concernées : formation, bilans de compétences, VAE et formation par apprentissage. Les fonds des OPCO sont des fonds mutualisés : une formation prise en charge par votre OPCO relève donc de l’obligation, même si c’est l’entreprise cliente qui vous a choisi.

Depuis quand ?

Prévue à l’origine pour le 1er janvier 2021, l’obligation a été reportée au 1er janvier 2022. Les financeurs apprécient l’exigence à l’une de trois dates, selon la situation : la signature de la convention avec le financeur, l’accord de prise en charge, ou la date à laquelle la Caisse des dépôts constate que les conditions d’usage de la plateforme du CPF sont remplies (article R. 6316-8). Comme l’exigence s’apprécie à ces dates, c’est la situation à la date de la convention ou de l’accord qui compte pour une action donnée : pour le sort d’une action engagée avant l’application de l’obligation, confirmez auprès de votre financeur. Un CFA qui dispense pour la première fois une formation par apprentissage peut être financé pendant six mois sans certification, à compter de la signature de sa première convention (ou, pour un CFA d’entreprise, de son premier contrat d’apprentissage), à condition de s’engager à transmettre au financeur, dans les deux mois, la copie de son contrat avec un organisme certificateur (article R. 6316-9). Hors cette tolérance, les CFA relèvent de la même échéance du 1er janvier 2022 que les autres prestataires, d’après la fiche de France compétences citée en sources.

Suis-je concerné ? Le tableau de décision

Votre situation Obligation légale ? Point d’attention
Formation prise en charge par un OPCO Oui Fonds mutualisés, même si l’entreprise a choisi l’organisme
Formation financée par le CPF Oui La Caisse des dépôts est un financeur visé
Action financée par France Travail, une région, l’État, Transitions Pro ou l’Agefiph Oui Vérifiez la date de la convention ou de la prise en charge
CFA Oui, depuis le 1er janvier 2022 Six mois pour un CFA qui démarre l’apprentissage
Entreprise qui paie sur ses fonds propres, sans demande de prise en charge Non Les acheteurs peuvent quand même l’exiger
Particulier qui paie directement, hors CPF Non Idem
Sous-traitant d’un organisme de formation Non, hors cas prévus par les textes Le donneur d’ordres reste responsable ; voir ci-dessous
Établissement d’enseignement supérieur visé à l’article L. 6316-4 (II) Réputé avoir satisfait à l’obligation Mention dédiée pour l’usage de la marque
Formation interne d’une entreprise à ses salariés Cas non traité par les textes consultés Interrogez votre financeur si des fonds mutualisés interviennent
Formateur indépendant Oui, s’il est financé par les acteurs ci-dessus Pas d’exception propre aux indépendants dans les textes consultés

Les cas non concernés, en détail

Le financement direct. Si aucun des financeurs de l’article L. 6316-1 n’intervient, la loi n’impose pas la certification. L’enquête de la Dares menée à l’été 2023 l’illustre : parmi les prestataires non certifiés, 22 % évoquent l’absence de tout financement public comme motif, et 48 % le fait d’être sous-traitant d’un organisme certifié.

La sous-traitance. Le document de travail du guide V10 le dit clairement pour l’indicateur 27 : hors cas prévus par des dispositions légales ou réglementaires, le sous-traitant n’est pas tenu d’être certifié, et la responsabilité de la qualité appartient au donneur d’ordres. Un sous-traitant non certifié n’est pas audité directement : c’est l’organisme certifié qui répond du respect des critères par ses sous-traitants, par contrat. Pour un cas pratique, lisez formateur sous-traitant : Qualiopi obligatoire ou non ?.

L’enseignement supérieur. Les établissements publics accrédités et évalués par le HCERES, et certains établissements privés évalués par des commissions prévues par le code de l’éducation, sont réputés satisfaire à l’obligation. D’après les questions-réponses, cette exemption ne s’étend pas automatiquement aux CFA qui conventionnent avec eux : vérifiez la question concernée dans la version à jour.

La formation interne. Nous n’avons trouvé aucun texte qui traite explicitement le cas d’une entreprise formant ses propres salariés avec ses moyens. En l’absence de financement par les acteurs listés, l’obligation ne semble pas jouer, mais c’est une lecture à confirmer auprès de votre financeur plutôt qu’une certitude.

Ce que financeurs et auditeurs vérifient

Qui Ce qui est regardé Quand
Le financeur Un certificat valide pour la catégorie d’actions concernée À la convention ou à la prise en charge
La Caisse des dépôts Que les conditions d’usage de la plateforme du CPF sont remplies, certification comprise Au moment de l’accès à la plateforme
L’auditeur Toutes les actions de la catégorie, quelle que soit l’origine du financement À chaque audit
L’auditeur, en sous-traitance Les missions confiées, identifiées par contrat ; sans contrat, tous les indicateurs applicables À chaque audit

Une conséquence concrète, tirée des questions-réponses du ministère : si vous êtes certifié, l’audit couvre aussi vos actions payées par des clients privés. Vous ne pouvez pas « isoler » la partie financée.

Obligation légale ou intérêt commercial ?

La loi dit qui doit être certifié pour toucher un financement. Elle ne dit pas qui a intérêt à l’être. Trois raisons commerciales poussent des organismes non obligés à se certifier : un grand compte ou un appel d’offres qui l’exige, l’anticipation d’une bascule vers des financements publics, et l’envie de structurer ses pratiques. Dans l’enquête de la Dares, 83 % des organismes certifiés ou en cours de certification citaient l’attestation de la qualité comme motif, 65 % l’accès aux fonds publics.

Si vous constatez que… Alors
Une part notable de votre activité passe par un OPCO, le CPF ou France Travail La certification est une nécessité, pas un choix
Vous vendez uniquement en direct, mais vos clients demandent une preuve de qualité Elle est un avantage commercial à chiffrer
Vous travaillez uniquement en sous-traitance Vérifiez ce que vos donneurs d’ordres exigent par contrat
Votre activité est occasionnelle et sans financement public Pesez le coût du cycle de trois ans ; voir combien coûte Qualiopi

Cette lecture est un repère de terrain de K-li-T : ni la loi ni les financeurs ne fixent de seuil. Si vous hésitez, un échange avec un consultant Qualiopi permet de chiffrer l’enjeu avant de vous engager.

Que se passe-t-il sans certification ?

Un organisme non certifié ne peut pas voir ses actions prises en charge par les financeurs listés, hors les tolérances prévues par les textes : l’exigence s’apprécie à la date de la convention ou de l’accord, et un dossier sans certificat valide ne peut pas être financé. C’est d’abord un effet sur votre activité. Se prévaloir de Qualiopi sans être certifié est un autre sujet, traité dans l’article sur le logo Qualiopi. Les conséquences juridiques d’une fausse mention relèvent d’un juriste, pas de ce blog.

Exemple illustratif

Organisme fictif Situation Conclusion
Un cabinet de coaching de deux personnes Clients entreprises qui paient sur leurs fonds propres, aucune prise en charge Pas d’obligation légale ; deux clients demandent une preuve, d’où un intérêt commercial
Un centre de formation informatique de huit salariés 35 % de l’activité financée par des OPCO et le CPF Obligation ; l’audit couvrira aussi les actions payées en direct
Un formateur indépendant Intervient pour deux organismes certifiés, aucune vente directe Pas d’obligation propre ; contrats de sous-traitance à soigner

Le deuxième organisme réalise, disons, 210 000 euros de chiffre d’affaires, dont 73 500 euros (35 %) passent par des financeurs : sans certificat valide, ces prises en charge sont menacées. Il a intérêt à lancer la démarche avant d’essuyer un refus. La démarche complète est décrite dans comment obtenir la certification Qualiopi.

Les erreurs fréquentes

  • Croire que Qualiopi est nécessaire pour se déclarer organisme de formation : le numéro de déclaration d’activité relève d’une autre démarche.
  • Considérer qu’un financement par l’entreprise est « privé » alors qu’il passe par un OPCO.
  • Penser qu’un sous-traitant est dispensé de tout : son donneur d’ordres peut exiger des preuves et un contrat.
  • Attendre le refus d’un dossier de financement pour s’y mettre.
  • Demander la certification pour des catégories qu’on ne pratique pas.
  • Afficher Qualiopi avant d’avoir le certificat.

À retenir

Qualiopi est obligatoire pour être financé par les acteurs de l’article L. 6316-1, depuis le 1er janvier 2022, pas pour exercer. Financement direct, sous-traitance et enseignement supérieur obéissent à des règles propres. Si vous êtes certifié, l’audit couvre toutes les actions de la catégorie. Pour les cas intermédiaires, qui sont nombreux, votre statut compte : voyez Qualiopi selon votre statut.

Questions fréquentes

Qualiopi est-il obligatoire pour être organisme de formation ?

Non. La déclaration d’activité et la certification sont deux démarches distinctes. La certification devient obligatoire quand vous voulez être financé par un OPCO, le CPF, France Travail, une région, l’État, Transitions Pro ou l’Agefiph.

Qualiopi est-il obligatoire pour le CPF ?

Oui. La Caisse des dépôts figure parmi les financeurs de l’article L. 6316-1, et l’exigence s’apprécie à la date où elle constate que les conditions d’usage de la plateforme sont remplies. Les détails sont dans Qualiopi, CPF et financements.

Un formateur indépendant doit-il être certifié ?

Oui, s’il est financé par l’un des acteurs listés et n’agit pas en sous-traitance. Le guide admet qu’un indépendant assure seul les différentes fonctions, mais ne prévoit pas d’exemption.

Un sous-traitant doit-il avoir Qualiopi ?

En principe non, hors cas prévus par des dispositions légales ou réglementaires. Le donneur d’ordres reste responsable de la qualité et doit tracer la conformité dans le contrat de sous-traitance.

Qualiopi est-il obligatoire si l’entreprise finance seule la formation ?

Pas au titre de l’article L. 6316-1 si aucun financeur listé n’intervient, mais l’entreprise peut l’exiger dans son cahier des charges. Si la prise en charge passe par un OPCO, l’obligation s’applique.

La V10 change-t-elle l’obligation de se certifier ?

Non. Le décret n° 2026-728 modifie le référentiel, c’est-à-dire les indicateurs ; l’obligation et la liste des financeurs figurent à l’article L. 6316-1, un article de loi qu’un décret ne change pas.

Sources

  • Code du travail, articles L. 6316-1, L. 6316-4 (II), R. 6316-8 et R. 6316-9 : https://code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l6316-1 ; décret n° 2021-1851 du 28 décembre 2021 (dispositions transitoires, nouveaux CFA).
  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 ; décret n° 2026-728 du 1er août 2026 ; document de travail du guide de lecture V10 (DGEFP, version non finale), NB de l’indicateur 27.
  • France compétences, Qualiopi : l’obligation qualité en vigueur depuis le 1er janvier 2022 : https://www.francecompetences.fr/fiche/qualiopi-lobligation-qualite-en-vigueur-depuis-le-1er-janvier-2022/
  • Ministère du Travail (DGEFP), Questions-Réponses sur la certification qualité, version 2, 1er septembre 2023 (questions 1.2, 8.5, 8.6, 9.1, 9.9).
  • Dares, Premiers résultats de l’enquête sur la certification Qualiopi (été 2023) : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/premiers-resultats-de-lenquete-sur-la-certification-qualiopi
  • Centre Inffo, Modification de délais relatifs à la certification Qualiopi (29 juillet 2020) : report au 1er janvier 2022.
  • Le tableau de décision, la lecture commerciale et les exemples sont des repères de terrain de K-li-T.

Pour poursuivre : comment obtenir la certification Qualiopi, Qualiopi, c’est quoi ?, Qualiopi, CPF et financements, Qualiopi selon votre statut et Qualiopi pour un formateur indépendant.

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